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25/11/2007

« Trace, is there anything you can’t do? »

Jorja Fox a plié bagages, les scénaristes d’Hollywood sont en grève et pourtant, CSI n’arrête pas de tourner et de fort belle manière.

Excellent épisode, jeudi soir sur CBS avec le huitième volet de la saison 8, « You Kill Me ». CSI a déjà fait dans l’humour caustique et l’originalité mais il est rassurant de constater que, malgré la perte d’un personnage clef de la série et les manifestations des auteurs devant les grilles des studios, la production a tout de même été capable de fournir un épisode drôle, inventif et intelligent.

 

5dcaf4d286561106c29e3d56a7e88f79.jpgSur le modèle de « Lab Rats » l’an dernier, « You Kill Me » a été tourné en vase clos dans le laboratoire et évolue autour des personnages secondaires (les techniciens de labo), David Hodges en tête, épaulés par les personnages d’habitude principaux. On retrouve ainsi Nick, Warrick, Catherine, Greg, le capitaine Brass, le Dr Robbins, son assistant David Phillips et, bien sûr, le big boss Gil Grissom, au service des rats de laboratoire Wendy, Mandy, Henry et Archie pour résoudre des enquêtes fictives orchestrées par un David Hodges plus irrésistible que jamais. L’occasion de revoir aussi Bobby Dawson, le spécialiste balistique, dans un rôle central, lui qui était fort négligé ces derniers temps.

Tout le mérite de cet épisode hilarant revient au génie scénaristique de Sarah Goldfinger à qui l’on doit déjà de nombreux épisodes d’anthologie comme a909fe1c93d58415e7f2d89532c4fbfd.jpg« Bloodlines », « Committed », « What’s Eating Gilbert Grissom? » ou « Rashomama ». Officiant en tant qu’auteur et productrice consultante, elle forme, avec le scénariste et producteur David Rambo , un tandem surnommé le « Team RamGold ». Très appréciés des fans en raison de leur talent et du respect qu’ils portent aux personnages pour lesquels ils écrivent, Rambo et Goldfinger étaient également les plus vifs supporters de la romance entre Grissom et Sara.

L’après GSR.

Partie volontairement de la série, Jorja Fox a automatiquement disparu du générique, remanié complètement pour accommoder la perte de son personnage. Déjà modifié en début de saison, on notera aussi la disparition de Louise Lombard (interprète fort critiquée de Sofia Curtis qui n’a jamais réussi à trouver sa place dans l’équipe) au profit de l’excellent Wallace Langham qui campe un David Hodges de plus en plus incontournable, faisant oublier un Greg Sanders pitoyable et inutile depuis qu’il a quitté le labo pour devenir un piètre investigateur.

aeefb5cf3190898b037d6d59fc999dc7.jpgEt Grissom dans tout cela ? Comme c’était à prévoir quand on connaît un peu le personnage, il s’enferme dans son travail pour oublier l’abandon sentimental dont il a été victime. Par contre, alors qu’on aurait pu craindre un total repli sur lui-même et une humeur massacrante, comme il nous y avait habitué jusqu’à la saison 5, Gil semble plus ouvert et enclin à se confier sur ses états d’âme. Il a parlé à Sara depuis son départ, elle est chez sa mère à San Francisco et, s’il n’est pas disposé à faire étalage de ses sentiments, il ne repousse pas nécessairement les tentatives de dialogue ni les conseils de ses collègues et amis. Preuve que les producteurs ont bien compris l’énorme évolution du personnage de Grissom depuis qu’il s’est décidé à ouvrir son cœur. Au lieu de déambuler comme un fantôme dans les couloirs et de noyer son chagrin sous une montagne de paperasserie, Grissom s’occupe l’esprit en faisant ce qu’il fait le mieux, résoudre des 1b51b1c6b98aca6243da7d06b61d3e8a.jpgénigmes. On pourrait presque croire qu’il y prend du plaisir mais l’inégalable talent de William Petersen laisse transparaître, en toute sobriété, une mélancolie sous-jacente mais néanmoins indéniable. Cette tristesse palpable qu’il tente désespérément de cacher confère à Grissom une sympathie attendrissante au sein de tous les membres du personnel du labo (et auprès des spectateurs) qui ne peuvent s’empêcher de souffrir avec lui tout en essayant de lui remonter le moral.

En résumé, un excellent épisode, excentrique et spirituel, qui ferait presque oublier que, d’ici janvier, toutes les séries à succès risquent de s’arrêter brutalement faute de scénarii à cause de la grève des auteurs. Une grève supportée par les producteurs et les acteurs qui ont rejoint leurs collègues sur le trottoir car ils se rendent bien compte que, sans un bon texte et une bonne histoire, leurs personnages ne sont rien du tout.

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